Qui était Gérard Berger ?
"Gérard fut un découvreur et donc en avance sur ses pairs, sans jamais se mettre en avant ni être carriériste, comme un certain nombre des très grands chercheurs dont il faisait partie. Sa pensée resta libre jusqu'au bout."
Guy Girault
Chercheur et collègue de Gérard au CEA
"Gérard was a discoverer and therefore ahead of his peers, never putting himself forward or being a careerist, like a number of the great researchers he was part of. His thought remained free to the end."
Guy Girault
Researcher and colleague of Gérard at CEA
Curriculum Vitae
Gérard Berger était ingénieur à l’ESPCI (Ecole Supérieure de Physique et Chimie Industrielles de la ville de Paris), diplômé en 1960.
Chercheur au CNRS de 1962 à 1967, il soutient sa thèse sur l’inhibiteur de DNase en 1967. Il devient ingénieur de recherche au CEA de 1967 à 1998.
Résumé
Gérard Berger was an engineer at the ESPCI (School of Industrial Physics and Chemistry of the City of Paris), graduated in 1960.
Researcher at the CNRS from 1962 to 1967, he offered his services on the DNase inhibitor in 1967. He became a research engineer at CEA from 1967 to 1998.
Biographie
Son enfance
Mon mari, Gérard Berger est né à Saint-Maurice dans le Val-de-Marne le 7 juin 1938, d’un père comptable et d’une mère modiste. La famille paternelle, habitait à Maisons-Alfort dans un pavillon voisin de celui de la famille maternelle rue des Marais. Ces marais se trouvaient pratiquement au pied des maisons et grouillaient de vie. Son grand-père y pêchait brochets, carpes et tanches…
Son père fut mobilisé en 1939, puis fait prisonnier en 1940. Sa mère et sa grand-mère paternelle travaillaient. Ce sont donc les grands parents maternels Respin qui s’occupaient de Gérard. Son grand père Joseph lui apprit à lire. Menuisier de métier, il lui fabriquait des jouets en bois. En grandissant, Gérard fût très attiré par les marais. Avec ses copains il y passait beaucoup de temps à poursuivre grenouilles, salamandres et insectes variés. Sa prédilection pour les bestioles et l’observation de la nature venaient de là. L’été ils allaient en vacances dans la Creuse où ils visitaient la famille mais aussi faisaient des parties de pêche dans la Gartempe, jolie rivière poissonneuse.
L’école ne lui posait aucun problème, il réussissait bien. A 10 ans, il entra en 6e au Lycée Charlemagne à Paris ; il y poursuivit ses études jusqu’au Baccalauréat. C’est à ce moment là qu’il s’est intéressé aux sciences. Il se promettait de travailler plus tard sur le cancer et sur la structure de la matière. Son livre « Le vide, l’énergie et la matière » était donc déjà en germe à cette époque. Il faisait des expériences dans le jardin et la maison, achetant des produits chimiques à la droguerie du coin. Cela ne rassurait ni ses parents ni les voisins, qui voyaient panaches de fumée et explosions. Il eut la chance de ne pas se blesser ce qui ne fut pas le cas de certains apprentis chimistes de sa connaissance.
L’année 1954 se termina dans le drame pour Gérard et toute la famille. Albert, son père, mourut des suites d’un accident de mobylette. La situation changea mais la famille se serra les coudes pour que Gérard puisse poursuivre ses études.
Sa formation

En 1955 il entra au lycée Chaptal à Paris en classe préparatoire à l’école de Physique et Chimie de Paris (ESPCI). Gérard se présenta décontracté aux concours, sachant que 2 ans étaient le plus souvent nécessaires pour intégrer une Grande Ecole d’ingénieurs. Cela lui réussit et il fut reçu du premier coup ! Il fit partie de la 75ème promotion, de 1956 à 1960. Pendant les vacances d’été il faisait des stages en entreprise, à l’époque plutôt bien rémunérés. Il fit notamment un stage au CEA où il connut Mr Roux, chef du Laboratoire de Photosynthèse, qui orienta sa carrière par la suite.
A la fin de ses études, en pleine guerre d’Algérie, Gérard résilia son sursis, refusant d’être affecté au Service Scientifique des Armées pour travailler sur les gaz de combat, ce qui aurait été contraire à son éthique. Il fut envoyé directement en Algérie, où il fit ses classes, refusa d’être Officier ou Sous-officier afin de ne pas être obligé de faire des choses qu’il réprouvait. Il resta donc presque 2 ans soldat de 2ème classe, et finit brigadier quelque temps avant sa libération. Il ne fut pas confronté à des situations dangereuses mais il échappa de peu au mitraillage d’un café qu’il avait jugé trop encombré pour y entrer… L’Algérie était devenue indépendante et fin septembre 1962 il réembarqua pour la France. Dès son arrivée il contracta une hépatite A qui lui valut 1 mois d’hospitalisation au Val de Grâce.
C’est juste après cet épisode que nous nous sommes rencontrés. Je connaissais déjà sa grand-mère maternelle Eugénie Respin et sa mère Suzanne que je voyais souvent dans le train de banlieue et dont j’avais remarqué le visage triste, en raison du souci de savoir son fils en danger en Algérie. Nous nous sommes mariés en 1963.
Sa vie professionnelle : du CNRS au CEA

J’enseignais les Sciences Naturelles au lycée Fénelon à Paris et Gérard avait été engagé au CNRS pour une thèse de Doctorat à l’Institut de la Cellule Normale et Cancéreuse dirigé par Mlle Lebreton, à Villejuif.
Nous avons habité quelques mois à Paris puis à Maisons-Alfort. Notre 1er enfant, Catherine, naquit en 1964. Gérard continuait sa thèse de Doctorat sur l’Inhibiteur de DNase mais disait-il « j’avais de plus en plus l’impression que le but recherché dans cet institut n’était pas de trouver une thérapeutique quelconque au cancer, mais d’étudier les mécanismes de la cellule normale. Et pourtant nous voyions quotidiennement défiler les morts de l’Hôpital Gustave Roussy… Heureusement que Jenner et Pasteur n’ont pas cherché à comprendre toute l’immunologie avant d’essayer la vaccination ! »
Je fus reçue au CAPES de Sciences Naturelles en 1966, tandis que Gérard soutenait sa thèse. Docteur es sciences, il aurait souhaité étudier la différenciation cellulaire, mais ce ne fut pas possible. Après la naissance de Laurent, notre 2ème enfant, cette même année 1966, nous avons envisagé de quitter la région parisienne pour aller vivre dans le Sud de la France.
Mr Roux le convainquit alors de poser sa candidature au Service de Radioagronomie du Centre d’Etudes Nucléaires de Cadarache. Dans ce service on étudiait la conservation des aliments par irradiation . Le matériel utilisé était le maïs et Gérard devait identifier les produits induits par irradiation de l’amidon.
En 1967 nous avons déménagé pour aller vivre à Manosque (Alpes de haute Provence). Ce furent 8 belles années au milieu des oliviers et Géraldine, notre 3ème enfant, naquit en 1971.
Le retour en Région Parisienne se fit en 1975. Gérard dut patienter 8 ans au Service Frédéric Joliot de l’Hôpital d’Orsay. Il élaborait des radiopharmaceutiques que des médecins devaient ensuite injecter à des malades, non dans un but thérapeutique, mais pour la recherche. En 1983 il obtint enfin le poste qu’il espérait dans le Service de Mr Roux à Saclay, en Biophysique. Il exécuta de nombreux travaux de Biochimie sur des protéines végétales et sous unités de protéines intervenant dans les réactions biochimiques de la photosynthèse : séparation de protéines, innovations de techniques de séparation, mesures faites sur des colonnes métalliques de chromatographie liquide contenant diverses résines soumises à divers solvants aqueux et éluées grâce à des pompes assurant une certaine pression (HPLC), filtration sur gel ou échange ionique, mesures permettant de déterminer le mode d’activité enzymatique d’une protéine, comme la mesure de l’activité ATPasique. Gérard a beaucoup utilisé ces colonnes d’échanges ou de filtration Il a fait énormément de recherches et contribué à de très nombreux travaux.
Pour lire le témoignage de Jacques Breton, un ancien collègue avec lequel il avait travaillé, cliquez ici :
« Lorsque Gérard Berger a rejoint le Laboratoire de Photosynthèse de Saclay, il possédait, entre autres, une grande maîtrise des méthodes de purification par la technique de chromatographie liquide à haute pression (HPLC). De plus il était très réceptif, voire même demandeur, de collaborations au sein du groupe ; il n'a donc pas fallu attendre bien longtemps pour qu'après quelques étapes de discussions il se mette à résoudre notre problème de purification des pigments chlorophylliens.
A cette époque, la purification de ces pigments impliquait des séparations par chromatographie sur de la cellulose dans des grosses colonnes en utilisant d'importantes quantités d'éther de pétrole, une préparation longue et vraiment pénible, comme doit encore s'en souvenir Sandra, notre technicienne dévouée ! Gérard nous a donc particulièrement aidés en produisant des pigments d'une remarquable pureté à une époque où nous en avions grand besoin pour nos études par spectroscopie infrarouge des formes ioniques de ces pigments.
Gérard a également beaucoup travaillé à mettre au point une purification par HPLC des centres réactionnels des bactéries photosynthétiques. Dans ce cas là, le challenge était nettement plus élevé puisqu'il ne s'agit plus de purifier une molécule chimique relativement simple mais une grosse protéine membranaire qui n'est soluble dans l'eau qu'en la présence de détergents et qui a tendance à se dénaturer.
Encore une fois, Gérard a mené ces études avec opiniâtreté jusqu'au succès final, réalisant par la même occasion la première purification par HPLC d'une protéine membranaire. Merci Gérard pour tes compétences et plus encore pour ta généreuse disponibilité. »
Jacques Breton
Le temps de la retraite
À la retraite en 1998, le temps libre retrouvé nous permit d’avoir de nouvelles activités, la généalogie, les recherches aux Archives puis l’écriture de livres-témoignages pour ma part, livres dont Gérard illustrait la couverture à la perfection. Lui-même écrivit des articles scientifiques aussi bien en Biologie qu’en Physique Théorique. Nous étions complémentaires, il illustrait mes livres, je relisais ses manuscrits et les mettais parfois en forme en vue de publication. Il m’est arrivé aussi d’utiliser mes connaissances en Sciences naturelles, notamment pour préparer les souris et les rats utilisés lors des manipulations relatives à l’action des facteurs de différenciation extraits d’embryons, sur les cellules cancéreuses, travail réalisé en collaboration avec Christiane et Charles Frayssinet, chercheurs au CNRS à Villejuif.
Genèse de son essai de physique théorique
Gérard se consacra ensuite à la Physique théorique, un sujet auquel il réfléchissait depuis sa jeunesse. Le modèle standard des particules et le modèle standard
cosmologique ne l’avaient jamais vraiment convaincu. Le hasard voulut qu’il trouve dans la maison familiale de mes parents, un ouvrage qui avait dû appartenir à mon frère Georges, polytechnicien : "L’Ether" de B. Bourbon publié chez Dunod en 1948. En fait la théorie de l’éther, purement qualitative, avait été imaginée par 2 physiciens du XVIIIème siècle, Fatio et Lesage pour expliquer la gravitation. Gérard dévora ce livre, et trouva cette théorie géniale. L’idée lui vint alors de la reprendre, de la développer par le calcul mathématique et de l’étendre à toutes les forces (électriques, électromagnétiques et nucléaires). Un long travail s’ensuivit, qui dura plusieurs années. Gérard
travaillait simplement, papier, crayon, gomme, tout en prenant des bains de soleil dans le jardin à la belle saison… Pour les calculs il utilisait MATHCAD mais parfois il travaillait manuellement, une façon aussi de vérifier l’exactitude de ses résultats. Quand il s’apercevait qu’une hypothèse menait à une impasse, il rebondissait rapidement et repartait dans une nouvelle voie, je ne l’ai jamais vu s’acharner inutilement. Il construisait parfois des modèles : billes, balles de ping-pong pour figurer les protons dans un noyau.
Ce long travail, fait d’essais fructueux ou infructueux qu’il fallait reprendre pour mieux repartir, finit par prendre forme, et aboutit à cette théorie originale expliquant l’origine des forces de manière simple et logique et où il réfutait point par point toutes les critiques qui avaient mené à l’abandon de la théorie de l’éther au cours du XXème siècle. « Le Vide, l’Énergie et la Matière » était né. Restait maintenant un problème de taille : où et comment le publier ? En 2008 il avait réussi à publier la partie concernant la gravitation, dans un journal scientifique, Apeiron.
Je crois qu’il avait tenté de publier l’œuvre achevée dans ce même journal. Je ne me souviens plus pour quelle raison cela n’avait pas été possible. Il est très difficile de publier un travail scientifique en dehors des dogmes admis. Gérard a toujours beaucoup souffert des refus et de la violence de certains refus. Malgré tout il reprenait courage et plaisantait souvent, comparant les censeurs des revues scientifiques à l’Inquisition…

Il décida alors de publier son ouvrage en dehors de ces revues, en espérant que sa théorie puisse être lue par d’autres chercheurs qui pourraient reprendre son travail... Ainsi « Le Vide, l’Énergie et la Matière » vit le jour en 2011 grâce à mon éditeur Richard Adam du « Panier d’Orties » dans la Nièvre. Une 2ème édition, améliorée, parut en 2014. Finalement une 3ème édition est sortie à L’Harmattan en mars 2018, permettant à son œuvre d’être accessible aux universitaires, notamment par son format numérique.
Nous étions des retraités heureux. 2 petits-enfants naquirent en 2000 et 2005, comblant de joie leurs grands-parents. Adeptes du Camping-car, nous avons visité pas mal de régions et pays, jusqu’à cette année 2017 qui vint mettre un terme à cette belle tranquillité. Gérard fut atteint en septembre d’un cancer de la plèvre, maladie incurable et douloureuse qui l’emporta le 30 décembre 2017…
Monique Angerand-Berger
Août 2018
Biography
His childhood
My husband, Gérard Berger, was born in Saint-Maurice in Val-de-Marne on June 7, 1938, to an accountant father and a milliner mother. The paternal family, lived in Maisons-Alfort in a pavilion near that of the maternal family rue des Marais. These marshes were practically at the foot of the houses and teeming with life. His grandfather fished there pike, carp and tench...
His father was mobilized in 1939 and taken prisoner in 1940. His mother and paternal grandmother worked. It was therefore Respin's maternal grandparents who took care of Gérard. His grandfather Joseph taught him to read. A carpenter by trade, he made wooden toys for him. Growing up, Gerard was very attracted to the marshes. With his friends he spent a lot of time chasing frogs, salamanders and various insects. His predilection for bugs and nature observation came from there. In the summer they went on holiday in Creuse where they visited the family but also went fishing in the Gartempe, a beautiful river full of fish.
He had no problem with school, he was doing well. At 10, he entered the 6th year of the Lycée Charlemagne in Paris; he continued his studies there until the Baccalauréat. That's when he became interested in science. He promised to work later on cancer and the structure of matter. His book "Le vide, l'énergie et la matière" was thus already in germ at that time. He was experimenting in the garden and house, buying chemicals at the local drugstore. This did not reassure either his parents or the neighbours, who saw plumes of smoke and explosions. He was lucky not to injure himself, which was not the case for some of the chemistry apprentices he knew.
The year 1954 ended in drama for Gerard and the whole family. Albert, his father, died in a moped accident. The situation changed, but the family got together so that Gerard could continue his studies.
His training

In 1955 he entered the Lycée Chaptal in Paris in preparatory class at the École de Physique et Chimie de Paris (ESPCI). Gérard presented himself relaxed to the competitions, knowing that 2 years were most often necessary to integrate a Grande Ecole of engineers. It worked for him and he was received the first time! He was in the 75th class from 1956 to 1960. During the summer holidays he did internships in companies, at the time rather well paid. He did an internship at the CEA where he met Mr Roux, head of the Photosynthesis Laboratory, who later directed his career.
At the end of his studies, in the middle of the Algerian war, Gérard resigned his suspension, refusing to be assigned to the Army Scientific Service to work on combat gases, which would have been contrary to his ethics. He was sent directly to Algeria, where he made his classes, refused to be an officer or non-commissioned officer so as not to be forced to do things he did not approve of. He thus remained almost 2 years soldier of 2nd class, and finished brigadier some time before his release. He was not confronted with dangerous situations but he narrowly escaped the machine-gunning of a café which he had judged too crowded to enter it... Algeria had become independent and at the end of September 1962 he re-embarked for France. Upon his arrival he contracted hepatitis A which earned him 1 month hospitalization in Val de Grace.
It was right after that episode that we met. I already knew her maternal grandmother Eugénie Respin and her mother Suzanne, whom I often saw on the suburban train and whose sad face I had noticed, because of the concern to know her son in danger in Algeria. We were married in 1963.
His professional life: from CNRS to CEA

I taught Natural Sciences at the lycée Fénelon in Paris and Gérard had been hired at the CNRS for a PhD thesis at the Institut de la Cellule Normale et Cancéreuse directed by Miss Lebreton, at Villejuif.
We lived a few months in Paris then in Maisons-Alfort. Our first child, Catherine, was born in 1964. Gérard continued his PhD thesis on the DNase Inhibitor but he said "I had the impression more and more that the goal sought in this institute was not to find any cancer therapy, but to study the mechanisms of the normal cell. And yet we saw the deaths of Gustave Roussy Hospital every day... Fortunately Jenner and Pasteur did not try to understand all immunology before trying vaccination! »
I was received at CAPES in Natural Sciences in 1966, while Gérard defended his thesis. Doctor of Science, he would have liked to study cell differentiation, but this was not possible. After the birth of Laurent, our 2nd child, that same year 1966, we considered leaving the Paris region to live in the South of France.
Mr Roux then convinced him to apply to the Radioagronomy Department of the Centre d'Etudes Nucléaires de Cadarache. In this service food preservation by irradiation was studied. The material used was corn and Gérard had to identify the products induced by starch irradiation.
In 1967 we moved to Manosque (Alpes de Haute Provence). These were 8 beautiful years in the middle of olive trees and Géraldine, our 3rd child, was born in 1971.
The return to the Paris region took place in 1975. Gérard had to wait 8 years in the Frédéric Joliot Department of the Hôpital d'Orsay. He developed radiopharmaceuticals that doctors then had to inject into patients, not for therapeutic purposes, but for research. In 1983 he finally got the job he was hoping for in Mr Roux's Biophysics Department in Saclay. He carried out numerous biochemical studies on plant proteins and protein subunits involved in the biochemical reactions of photosynthesis: separation of proteins, innovations in separation techniques, measurements made on liquid chromatography metal columns containing various resins subjected to various aqueous solvents and eluted by pumps ensuring a certain pressure (HPLC), gel filtration or ion exchange, measurements making it possible to determine the mode of enzymatic activity of a protein, such as the measurement of ATPasic activity. Gérard used a lot these columns of exchanges or filtration He did a lot of research and contributed to a lot of work.
To read the testimony of Jacques Breton, a former colleague with whom he had worked, click here:
"When Gérard Berger joined the Saclay Photosynthesis Laboratory, he possessed, among other things, a great mastery of high-pressure liquid chromatography (HPLC) purification methods. In addition, he was very receptive, even demanding, collaboration within the group, so it didn't take long for him to start solving our problem of purifying chlorophyll pigments after a few stages of discussion.
At that time, the purification of these pigments involved separation by chromatography on cellulose in large columns using large quantities of petroleum ether, a long and really painful preparation, as Sandra, our dedicated technician must still remember! Gérard therefore particularly helped us by producing pigments of remarkable purity at a time when we had great need for them for our studies by infrared spectroscopy of the ionic forms of these pigments.
Gérard has also worked extensively to develop HPLC purification of the reaction centers of photosynthetic bacteria. In this case, the challenge was much higher since it is no longer a question of purifying a relatively simple chemical molecule but a large membrane protein which is soluble in water only in the presence of detergents and which tends to denature.
Once again, Gérard conducted these studies with stubbornness until the final success, carrying out at the same time the first purification by HPLC of a membrane protein. Thank you Gerard for your skills and even more for your generous availability."
Jacques Breton
Retirement time
In retirement in 1998, the free time we found again allowed us to have new activities, genealogy, research at the Archives then the writing of testimonial books for my part, books of which Gérard illustrated the cover to perfection. He himself wrote scientific articles in both Biology and Theoretical Physics. We were complementary, he illustrated my books, I reread his manuscripts and sometimes formatted them for publication. I have also used my knowledge in natural sciences, in particular to prepare mice and rats used during manipulations relating to the action of differentiation factors extracted from embryos, on cancer cells, work carried out in collaboration with Christiane and Charles Frayssinet, researchers at the CNRS in Villejuif.
Genesis of his essay on theoretical physics
Gérard then devoted himself to theoretical physics, a subject he had been thinking about since his youth. The standard particle model and the standard B. Bo
urboncosmological ether model never really convinced him. By chance, he found in my parents' family home a book that must have belonged to my brother Georges, a polytechnician: "L'Ether" by B. Bourbon published by Dunod in 1948. In fact the theory of the ether, purely qualitative, had been imagined by 2 physicists of the XVIIIth century, Fatio and Lesage to explain gravitation. Gerard devoured this book, and found this theory brilliant. The idea then came to him to take it up, to develop it by mathematical calculation and to extend it to all forces (electrical, electromagnetic and nuclear). A long work followed, which lasted several years. Gérard worked simply, paper, pencil, eraser, while sunbathing in the garden in the summer... For the calculations he used MATHCAD but sometimes he
worked manually, a way also to check the accuracy of his results. When he realized that a hypothesis led to a dead end, he quickly bounced back and set out again in a new direction, I never saw him getting on unnecessarily. He sometimes built models: marbles, ping-pong balls to represent protons in a nucleus.
This long work, made of fruitful or unsuccessful attempts that had to be repeated in order to start again, eventually took shape, and led to this original theory explaining the origin of the forces in a simple and logical way and where he refuted point by point all the criticisms that had led to the abandonment of the theory of the ether during the 20th century. "The Void, Energy and Matter was born. Now there was a big problem: where and how to publish it? In 2008 he managed to publish the gravitation part in a scientific journal, Apeiron.
I believe he had tried to publish the finished work in the same newspaper. I can't remember why that wasn't possible. It is very difficult to publish scientific work outside the accepted dogmas. Gérard has always suffered greatly from the refusals and violence of certain refusals. In spite of everything, he often regained courage and joked, comparing the censors of scientific journals to the Inquisition...

He then decided to publish his work outside these journals, hoping that his theory could be read by other researchers who could resume his work... Thus "Le Vide, l’Énergie et la Matière" was born in 2011 thanks to my publisher Richard Adam of the "Panier d'Orties" in Nièvre. A 2nd edition, improved, appeared in 2014. Finally a 3rd edition was released at L'Harmattan in March 2018, allowing his work to be accessible to academics, notably through its digital format.
We were happy retirees. 2 grandchildren were born in 2000 and 2005, delighting their grandparents. Motorhome enthusiasts, we visited many regions and countries, until this year 2017 which came to put an end to this beautiful tranquillity. Gérard suffered from pleural cancer in September, an incurable and painful disease that took him away on December 30, 2017...
Monique Angerand-Berger
August 2018
